Comment devenir taxidermiste ?

Vous aimez la zoologie ainsi que les formes, les couleurs et les textures offertes généreusement par Dame Nature. Vous êtes un sculpteur souhaitant élargir son art ? Vous êtes habile de vos mains et avez un esprit créatif ? Le métier de taxidermiste est fait pour vous ! Cette profession surprenante se situe entre le monde scientifique et artistique avec aussi une vocation pédagogique. En effet, la taxidermie est définie comme l’art de naturaliser les animaux morts en vue de les étudier ou de les exposer au public. Il est aussi possible de vouloir les conserver pour des raisons privées ou sentimentales. Découvrez ci-après les formations, les débouchés et les missions concernant ce métier méconnu.

Présentation du métier du taxidermiste

Insuffler une apparence de vie dans une dépouille ne date pas d’aujourd’hui. Dans l’Égypte ancienne, les hommes momifiaient le corps de leurs proches afin de leur permettre d’accéder à l’immortalité. Les carcasses d’animaux sacrés comme les chats et les crocodiles bénéficiaient du même traitement pour les donner en offrandes aux dieux.

Notez également qu’au cours de l’histoire, les zoologistes ont ramené de leurs grandes expéditions des animaux étranges – vivants ou morts – qui étaient ensuite exposés dans des cabinets de curiosités. Pour les conserver, il fallait enlever leurs organes, tanner leur peau puis les bourrer de paille – d’où l’ancien nom d’empailleur pour désigner un taxidermiste.

Les différentes tâches d’un taxidermiste

Un taxidermiste est chargé de naturaliser les animaux, c’est-à-dire de redonner un aspect naturel à leur dépouille. Il reçoit les cadavres d’animaux provenant de la chasse, des zoos, des institutions scientifiques ou de particuliers. Comment procède-t-il pour leur donner l’apparence de la vie par-delà la mort ?

Tout d’abord, il commence par prendre une série de mesures sur l’animal à empailler. Il enlève la peau et la nettoie en vue du tannage qui est le traitement qui empêche la décomposition. Puis, il se débarrasse des viscères. Les bois, les cornes et les griffes sont nettoyés et séchés. Le squelette est également traité et reconstitué avec une armature métallique.

Grâce à des techniques de sculpture, de modelage et de rembourrage, le taxidermiste est capable de mettre en scène le mannequin ou de lui faire adopter une position naturelle. Vient ensuite la dernière étape, qui consiste à revêtir la structure de la peau tannée. Certaines parties du corps comme les yeux sont remplacées par des billes de verre. Pour un supplément de réalisme, le taxidermiste colle des poils ou des plumes selon l’espèce.

Les qualités indispensables pour être taxidermiste

La taxidermie est un métier qui exige de nombreuses compétences. Comme c’est un art à part entière, il faut faire preuve de minutie, de précision et de rigueur. Vous devez également être curieux afin d’actualiser vos connaissances sur le mode de vie et le comportement des animaux dans leur milieu naturel.

N’hésitez pas à multiplier les lectures et les documentations en consultant des ouvrages spécialisés, ou à vous renseigner auprès de scientifiques ou de spécialistes de l’univers animalier comme les vétérinaires et les dresseurs. Le taxidermiste naturaliste peut lui aussi étudier les animaux au milieu de leur environnement.

Par ailleurs, dans ce métier, la sensibilité artistique et l’intuition sont indispensables. Le taxidermiste est avant tout un artiste, mais un artiste du vivant. Un goût pour la sculpture et le dessin sont nécessaires avec un réel don d’observation.

De par son côté artisanal, la taxidermie demande de la persévérance. Le taxidermiste peut recommencer plusieurs fois un moulage jusqu’à donner un semblant de vie au mannequin.

Le cursus pour devenir taxidermiste en France

En France, il n’existe qu’une seule formation pour accéder à ce métier. Le CAP (ou Certificat d’Aptitude Professionnelle) de taxidermiste peut se préparer après la classe de 3e pendant une durée de 2 ans.

Ce certificat est délivré par seulement trois établissements dans l’Hexagone :

  • Le Centre de Formation et d’Apprentis interprofessionnel La Noue installé à Longvic

  • Le Campus des Métiers de l’Artisanat établi à Joué-lès-Tours

  • le CFA de la SEPR (Société d’Enseignement Professionnel du Rhône) situé à Lyon

L’apprentissage de la taxidermie comporte des disciplines telles que l’anatomie, la chimie, l’histoire, les mathématiques, la physiologie, le dessin ainsi que les techniques de dépouillage, de fabrication et de modelage du mannequin… Bon à savoir, il n’existe pas de formation continue dans ce domaine. Cependant, le Syndicat des Naturalistes et Taxidermistes de France propose à ses membres des stages de perfectionnement.

Le salaire et les débouchés de la profession

Le taxidermiste est un professionnel recherché, car il exerce un métier peu courant. Cette rareté sur le marché contribue à augmenter la valeur de ses compétences.

En France, on recense près de 400 taxidermistes indépendants. Ils étaient pourtant plus de 1 000, soit le tiers il y a 20 ans. Ce déclin s’explique en partie par la loi sur la préservation des espèces sauvages protégées qui interdit leur capture, leur maintien en captivité ainsi que leur naturalisation.

Les revenus moyens d’un taxidermiste en France

Un taxidermiste travaillant au sein de la fonction publique débute avec un salaire de 1500 € par mois. Il peut aussi exercer dans un musée en tant que salarié ou à son compte.

Il est assez difficile d’estimer les revenus annuels d’un taxidermiste indépendant, car tout dépend de la difficulté de la mission et du prix – souvent confidentiel – des œuvres. Par exemple, le prix de la naturalisation d’un sanglier ou d’un cerf à dix cors varie en fonction de la taille et de la position.

Les débouchés : entre indépendance et salariat

Seules quelques grandes institutions comme le Musée d’Histoire Naturelle à Paris emploient des taxidermistes. La plupart du temps, ce sont des travailleurs indépendants.

Un taxidermiste peut offrir ses services aux chasseurs qui veulent immortaliser leurs trophées. Pendant la période de la chasse, il est d’ailleurs très demandé étant donné la difficulté à conserver les carcasses.

Les particuliers qui ont perdu un animal de compagnie affectionné (un chien, un chat, un oiseau ou même un poisson rouge) et désireux de perpétuer son souvenir peuvent aussi s’adresser à un taxidermiste.

Francoise J.

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